Bénin : RSF alerte sur la détention de Hugues Sossoukpè et Ali Moumouni
Reporters sans frontières (RSF) renouvelle son appel à la libération des journalistes Hugues Comlan Sossoukpè et Ali Moumouni, détenus au Bénin depuis juillet 2025. À l’issue de visites effectuées dans les prisons civiles de Ouidah et de Cotonou, l’organisation fait état de difficultés liées à leurs conditions matérielles de détention, à leur suivi médical et […]

Reporters sans frontières (RSF) renouvelle son appel à la libération des journalistes Hugues Comlan Sossoukpè et Ali Moumouni, détenus au Bénin depuis juillet 2025. À l’issue de visites effectuées dans les prisons civiles de Ouidah et de Cotonou, l’organisation fait état de difficultés liées à leurs conditions matérielles de détention, à leur suivi médical et à l’accès à leurs proches.
Dans un communiqué publié le jeudi 8 octobre 2026, RSF a notamment alerté sur la situation de Hugues Comlan Sossoukpè, fondateur du média d’investigation Olofofo, détenu à la prison civile de Ouidah. Une délégation de l’organisation s’y est rendue le 30 septembre dernier.
Selon les observations rapportées par RSF, le journaliste ne disposerait ni d’un réfrigérateur pour conserver ses aliments, ni d’un téléviseur ou d’une radio. L’organisation affirme également avoir constaté un changement physique chez le détenu après plus d’un an d’incarcération.
Sur le plan médical, RSF indique que Hugues Sossoukpè souffre d’asthme et de problèmes oculaires. Bien qu’il ait consulté un ophtalmologue plus tôt dans l’année, il n’aurait pas bénéficié d’un suivi médical depuis. L’organisation évoque également des difficultés liées aux dispositifs d’alerte en cellule et aux possibilités de visite, malgré un assouplissement des conditions d’isolement.
Ali Moumouni également confronté à des difficultés matérielles
La situation d’Ali Moumouni, ancien journaliste de Canal 3, préoccupe également Reporters sans frontières. Détenu à la prison civile de Cotonou, il partagerait, selon l’organisation, une cellule d’environ 16 mètres carrés avec huit autres détenus.
RSF rapporte que le journaliste s’alimenterait peu et ne disposerait pas non plus d’un équipement adapté à la conservation de ses aliments.
Ces constats conduisent l’organisation à renouveler son appel à la libération des deux hommes et à demander une amélioration de leurs conditions de détention.
Des procédures judiciaires toujours en cours
Hugues Comlan Sossoukpè et Ali Moumouni sont poursuivis notamment pour harcèlement par le biais d’un système informatique, incitation à la violence, rébellion et apologie du terrorisme.
Hugues Sossoukpè a été interpellé à Abidjan le 10 juillet 2025 avant d’être transféré au Bénin. Ali Moumouni a, pour sa part, été arrêté à Cotonou six jours plus tard. Selon RSF, cette seconde affaire serait liée aux contacts présumés du journaliste avec le média Olofofo.
D’après les informations communiquées à RSF par l’avocat de Hugues Sossoukpè, Me Serge Pognon, une demande de mise en liberté provisoire déposée le 6 août 2026 a été rejetée le 24 août suivant. Ali Moumouni demeure également en détention provisoire, selon un état des lieux publié fin septembre par la Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest.
RSF sollicite une accélération des procédures
Lors de son séjour au Bénin, la délégation de Reporters sans frontières a rencontré la ministre de la Communication chargée des Médias, Aurélie Adam Soulé Zoumarou. L’organisation lui a demandé d’accélérer les procédures judiciaires afin que les procès puissent se tenir dans les meilleurs délais.
Jeanne Lagarde, responsable du plaidoyer du bureau Afrique subsaharienne de RSF, a réaffirmé la position de l’organisation en faveur de la libération des deux journalistes.
En attendant l’évolution de leurs dossiers judiciaires, les conditions de détention de Hugues Sossoukpè et d’Ali Moumouni restent au centre des préoccupations exprimées par Reporters sans frontières.



