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Bénin : des maisons menacées de démolition à Cotonou, Ouidah et Sèmè-Podji

Des maisons situées dans des zones d’écoulement des eaux et dans l’emprise de bassins sont actuellement identifiées en vue d’une possible démolition à Cotonou, Ouidah et Sèmè-Podji. Alors que des habitants s’interrogent sur les conséquences de l’opération, les autorités annoncent une procédure distincte selon qu’il s’agit de parcelles clôturées ou de logements occupés. Des maisons […]

Des maisons situées dans des zones d’écoulement des eaux et dans l’emprise de bassins sont actuellement identifiées en vue d’une possible démolition à Cotonou, Ouidah et Sèmè-Podji. Alors que des habitants s’interrogent sur les conséquences de l’opération, les autorités annoncent une procédure distincte selon qu’il s’agit de parcelles clôturées ou de logements occupés.

Des maisons marquées, des habitants en quête d’explications

L’opération concerne notamment les quartiers Akogbato, Fiyégnon et Yèmi Codji à Cotonou, ainsi qu’Adounko à Ouidah et Agblangandan dans la commune de Sèmè-Podji. Selon Ghislain Hounnou, directeur général du Développement urbain, cité par 24 Heures au Bénin, les travaux en sont encore au stade de l’identification des habitations concernées.

À Akogbato, certains propriétaires affirment avoir découvert des marques sur leurs façades sans avoir reçu d’explications détaillées sur les raisons de cette démarche ni sur les mesures envisagées. Romain Hounnoukpè, retraité installé dans le quartier depuis 2018, indique notamment que sa maison et l’intérieur de son salon ont été photographiés.

Le périmètre concerné s’étend, selon le responsable du Développement urbain, des bassins situés à Fidjrossè jusqu’à Ouidah. Aucun chiffre précis n’a toutefois été communiqué sur le nombre de maisons visées par cette opération.

Des sommations annoncées pour les logements occupés

Pour la suite, Ghislain Hounnou distingue les parcelles clôturées ne comportant pas d’habitation des maisons effectivement occupées. Les premières doivent faire l’objet d’une évaluation avant la libération des emprises concernées. Pour les logements occupés, des sommations et un délai de départ sont annoncés afin de permettre aux habitants de prendre leurs dispositions.

À Yèmi Codji, où les premières marques auraient été constatées dès le 28 septembre, des riverains ont constitué un comité pour défendre leurs préoccupations. Leurs représentants ont saisi la préfecture et la mairie de Cotonou, ainsi que plusieurs ministères, notamment ceux chargés du Cadre de vie, de la Décentralisation, de l’Intérieur et des Finances. Ils attendent désormais un échange avec les autorités.

Cette situation rappelle les démarches engagées par des habitants de Togbin-Fandji, dans la commune d’Abomey-Calavi, lors d’une précédente opération de libération du domaine public naturel. Le 24 septembre, une rencontre avec le maire Nathanaël Koty avait conduit à la création d’un comité de onze membres chargé de suivre le dialogue avec les autorités et les modalités de recasement ou de dédommagement.