Bénin : la scolarité des filles devient gratuite dans les collèges et lycées publics
À compter de la rentrée 2026-2027, les filles de nationalité béninoise régulièrement inscrites dans un collège ou un lycée public d’enseignement secondaire général ne paieront plus les frais de contribution scolaire. Un arrêté interministériel signé le 30 juillet 2026 précise les bénéficiaires de la mesure et le mécanisme prévu pour compenser financièrement les établissements. Qui […]

À compter de la rentrée 2026-2027, les filles de nationalité béninoise régulièrement inscrites dans un collège ou un lycée public d’enseignement secondaire général ne paieront plus les frais de contribution scolaire. Un arrêté interministériel signé le 30 juillet 2026 précise les bénéficiaires de la mesure et le mécanisme prévu pour compenser financièrement les établissements.
Qui pourra bénéficier de l’exonération ?
La mesure concerne les filles remplissant deux principales conditions :
- être de nationalité béninoise ;
- être régulièrement inscrites dans un établissement public d’enseignement secondaire général.
Elle s’appliquera sur toute l’étendue du territoire, de la sixième à la terminale, dès l’année scolaire 2026-2027.
L’arrêté a été signé par Adéyèmi Clément Kouchadé, ministre de l’Enseignement secondaire, et Aristide Medenou, ministre de l’Économie et des Finances.
Annoncée lors du Conseil des ministres du 3 juin 2026, la généralisation de la gratuité est ainsi encadrée par un texte précisant ses modalités d’application.
Que signifie exactement « scolarité gratuite » ?
Dans ce dispositif, la gratuité correspond à une exonération des frais de contribution scolaire normalement demandés par les établissements publics.
Cela signifie que les familles des bénéficiaires ne devront plus payer cette contribution. En revanche, l’arrêté ne présente pas comme automatiquement gratuits :
- les uniformes ;
- les cahiers et fournitures scolaires ;
- le transport ;
- la restauration ;
- les autres dépenses personnelles liées à la scolarité.
Les parents doivent donc comprendre que la mesure allège une charge importante, mais qu’elle ne supprime pas nécessairement toutes les dépenses de rentrée.
Comment les collèges et lycées seront-ils remboursés ?
Les établissements publics utilisent habituellement les contributions scolaires pour financer une partie de leur fonctionnement. Pour éviter que la gratuité accordée aux filles ne crée un manque dans leur budget, l’État versera une compensation.
Le montant destiné à chaque établissement sera calculé à partir de deux éléments :
- le nombre validé de filles bénéficiant de l’exonération ;
- le montant officiel de la contribution scolaire applicable.
Par exemple, si un collège compte 500 filles éligibles, la compensation sera déterminée en fonction de cet effectif validé et du taux de contribution prévu pour l’établissement. Il ne s’agit donc pas d’une somme identique versée à tous les collèges et lycées.
La dépense sera prise en charge par le budget du ministère de l’Enseignement secondaire, selon les modalités rapportées à partir de l’arrêté par 24 Heures au Bénin.
Une avance prévue dès la rentrée
L’un des principaux risques aurait été que les établissements attendent plusieurs mois avant de recevoir leur compensation. Pour limiter les difficultés de trésorerie, le texte prévoit une avance dès la rentrée scolaire.
Cette avance permettra aux collèges et lycées de disposer rapidement de ressources pour assurer leur fonctionnement. Elle sera ensuite régularisée sur le budget du ministère suivant les procédures de dépense publique.
Le paiement doit être effectué par mandatement, avec l’intervention des services du Budget, du Trésor, de l’administration financière du ministère et des directions départementales de l’enseignement secondaire.
Autrement dit, les parents ne paient plus la contribution des filles bénéficiaires, mais l’État règle la somme correspondante aux établissements.
Une mesure auparavant appliquée progressivement
L’exonération des filles n’est pas entièrement nouvelle au Bénin. Elle était déjà appliquée au premier cycle du secondaire public.
En 2023, le dispositif avait également été étendu, à titre expérimental, aux filles du second cycle dans 20 communes. Cette phase ciblait notamment des territoires confrontés à la pauvreté et au décrochage scolaire des filles.
À partir de la rentrée 2026-2027, l’exonération n’est plus limitée à certaines communes : elle est généralisée à l’enseignement secondaire général public dans tout le pays.
Pourquoi cette mesure est-elle importante ?
Les difficultés financières peuvent provoquer des inscriptions tardives, des absences répétées ou l’abandon de la scolarité. Elles peuvent aussi conduire certaines familles à privilégier la scolarisation d’un enfant plutôt qu’un autre.
En supprimant la contribution scolaire des filles, le gouvernement veut notamment :
- faciliter leur inscription au collège et au lycée ;
- réduire les abandons liés au manque de moyens ;
- favoriser leur maintien à l’école jusqu’en terminale ;
- diminuer une partie des dépenses supportées par les familles ;
- renforcer l’égalité d’accès à l’éducation.
L’application concrète de la mesure devra toutefois être suivie dès la rentrée, notamment pour vérifier l’identification des bénéficiaires, le versement des avances et l’absence de facturation de la contribution scolaire aux parents concernés.



