Actu Cotonou
Économie

Sukuk souverains en Afrique : le Bénin s’impose parmi les principaux émetteurs

Le marché africain des sukuk souverains poursuit sa progression. Selon une note de Fitch Ratings publiée le 18 août 2026 et relayée le 2 septembre par l’Agence Ecofin, l’encours de ces obligations conformes aux principes de la finance islamique a dépassé 7 milliards de dollars en août 2026, soit une hausse de 16 % sur […]

Le marché africain des sukuk souverains poursuit sa progression. Selon une note de Fitch Ratings publiée le 18 août 2026 et relayée le 2 septembre par l’Agence Ecofin, l’encours de ces obligations conformes aux principes de la finance islamique a dépassé 7 milliards de dollars en août 2026, soit une hausse de 16 % sur un an.

Malgré cette croissance, le marché reste fortement concentré. Quatre pays, à savoir l’Égypte, le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Bénin, représentent à eux seuls 96 % de l’encours africain.

L’Égypte domine, le Bénin fait une entrée remarquée

Avec 48 % de l’encours, l’Égypte occupe la première place du marché africain des sukuk souverains. Elle est suivie du Nigeria avec 26 %, de l’Afrique du Sud avec 15 % et du Bénin avec 7 %.

L’arrivée du Bénin constitue l’un des faits marquants de l’année 2026. Le pays a réalisé sa première émission de sukuk souverain avec une opération de 500 millions de dollars, qui aurait attiré une demande supérieure à huit fois le montant proposé.

Cette opération permet ainsi au Bénin d’intégrer rapidement le cercle restreint des principaux acteurs du marché africain des sukuk.

Les nouvelles émissions restent toutefois moins importantes qu’en 2025. Depuis le début de l’année 2026, environ 1 milliard de dollars ont été mobilisés, principalement par le Bénin et l’Égypte, contre 3,3 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année précédente.

Un marché encore marginal malgré son potentiel

Fitch Ratings souligne que les sukuk demeurent encore minoritaires dans le financement africain. Ils représentent moins de 1 % du marché continental de la dette, dont l’encours atteignait environ 1 600 milliards de dollars en août 2026.

L’agence considère néanmoins ces instruments comme une source de financement alternative pour les États. Ils permettent notamment de diversifier les sources de financement et d’attirer des investisseurs spécialisés, notamment les banques islamiques du Golfe et d’Afrique.

L’Égypte demeure l’émetteur le plus régulier du continent. Après son premier sukuk souverain en dollars en 2023, le pays s’est également tourné vers des émissions en monnaie locale à partir de 2025.

Au Nigeria, le développement du marché est notamment soutenu par les liquidités disponibles dans le secteur bancaire et la demande pour les titres publics. L’Afrique du Sud dispose, quant à elle, du secteur de fonds conformes à la charia le plus important du continent, avec plus de 6 milliards de dollars d’actifs sous gestion.

Des obstacles à surmonter

Malgré les perspectives offertes par les sukuk, plusieurs contraintes limitent encore leur développement en Afrique.

Fitch cite notamment l’absence de cadres réglementaires adaptés dans plusieurs pays, la faiblesse ou l’absence d’institutions financières islamiques locales et le développement encore limité des marchés de la dette.

L’agence estime par ailleurs à environ 3,7 milliards de dollars le montant des sukuk africains bénéficiant d’une notation. Parmi ceux-ci, 67 % sont notés « B », principalement pour l’Égypte, et 33 % « BB » pour l’Afrique du Sud, avec des perspectives jugées stables.

Le marché africain des sukuk conserve donc une marge de progression importante. Pour les États disposant d’un environnement réglementaire et financier favorable, cet instrument pourrait progressivement devenir un levier supplémentaire pour diversifier le financement public.