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Bénin : les déchets, une source de richesses économiques et sanitaires

La gestion des déchets urbains au Bénin pourrait devenir un véritable moteur de création de richesses, à condition de renforcer les infrastructures de traitement, le tri à la source et les filières de recyclage. C’est l’analyse défendue par Zoulikha Wabi, cheffe du service études de la Société de gestion des déchets et de la salubrité […]

La gestion des déchets urbains au Bénin pourrait devenir un véritable moteur de création de richesses, à condition de renforcer les infrastructures de traitement, le tri à la source et les filières de recyclage. C’est l’analyse défendue par Zoulikha Wabi, cheffe du service études de la Société de gestion des déchets et de la salubrité (SGDS-SA), lors du Forum international du cadre de vie (FIC 2026), organisé du 8 au 10 octobre à Cotonou.

Intervenant au cours d’un panel consacré à la question « Déchets urbains : une charge pour les budgets publics ou une filière économique ? », la spécialiste en environnement et énergie a souligné que les dépenses liées à la gestion des ordures ne doivent pas être considérées uniquement comme une charge pour les finances publiques. Elles constituent également des investissements susceptibles de produire des bénéfices sanitaires, environnementaux et économiques.

Des investissements au service de la santé et de l’économie

La collecte et le traitement des déchets nécessitent des équipements, des infrastructures et des ressources humaines. Toutefois, ces investissements contribuent à améliorer la salubrité des villes et à préserver la santé des populations. Ils favorisent également le développement d’activités économiques impliquant plusieurs catégories de professionnels, notamment les mécaniciens, les commerçants de matières récupérées et les acteurs du recyclage.

Pour Zoulikha Wabi, les déchets peuvent ainsi devenir une ressource lorsque leur gestion est organisée sur l’ensemble de la chaîne, de la collecte au traitement, en passant par la récupération et la réutilisation des matières.

Du stockage à la valorisation des déchets

Au Bénin, l’enfouissement occupe encore une place importante dans le traitement des ordures. Selon la représentante de la SGDS-SA, les déchets étaient principalement acheminés vers les décharges au lancement des activités de la société.

Depuis, des initiatives de tri ont été engagées sur certaines infrastructures. Des projets visant à développer de nouvelles installations et à renforcer les équipements existants sont également en cours. L’ambition est de récupérer davantage de matières réutilisables et de réduire les conséquences environnementales d’une mauvaise gestion des déchets.

La spécialiste estime que les ordures deviennent particulièrement coûteuses lorsqu’elles ne sont pas correctement traitées. En revanche, une gestion adaptée permet d’en tirer des ressources et de soutenir des activités économiques locales.

Le tri à la source, une étape déterminante

La valorisation des déchets commence dès les ménages, avec le tri à la source. Cette pratique consiste à séparer les différentes catégories d’ordures dès leur production afin de faciliter leur collecte et leur traitement.

Son adoption reste toutefois confrontée à des difficultés logistiques et à la nécessité de faire évoluer les habitudes des populations. La sensibilisation, la mise à disposition d’équipements adaptés et l’adoption de nouveaux comportements apparaissent donc indispensables.

Pour autant, le tri effectué par les ménages ne peut produire pleinement ses effets sans un système de collecte séparée. Les matières triées doivent être acheminées vers les acteurs capables de les recycler ou de les réutiliser.

Des filières économiques à structurer

Des activités de récupération et de réutilisation des déchets existent déjà au Bénin. Toutefois, leur développement nécessite une meilleure organisation des différents intervenants, ainsi qu’un accompagnement permettant d’assurer la continuité et la traçabilité des opérations.

Chaque maillon de la chaîne joue un rôle essentiel, depuis les ménages jusqu’aux entreprises spécialisées dans la transformation des matières récupérées. Une coordination plus efficace pourrait ainsi renforcer les retombées économiques du secteur tout en contribuant à la protection de l’environnement.

Organisée autour du thème « Économie des territoires africains : accélérer la transition vers la sobriété carbone », la quatrième édition du Forum international du cadre de vie a réuni des membres du gouvernement, des investisseurs, des experts, des responsables d’entreprises, des représentants des collectivités territoriales et des partenaires techniques et financiers. Les échanges ont notamment porté sur les solutions durables susceptibles d’accompagner la transformation des villes africaines face aux défis environnementaux et climatiques.